La présidence de la Chambre des communes, un rôle stratégique en contexte minoritaire
Le premier point à l'ordre du jour lorsque le Parlement reprendra ses travaux, lundi matin, sera l'élection du président de la Chambre des communes. Les libéraux doivent se demander s'ils souhaitent élire un des leurs à la présidence – et donc perdre un vote crucial – alors qu'ils frôlent tout juste la majorité. Bien qu'il soit élu en tant que membre d'un parti, le président de la Chambre des communes est considéré comme étant non partisan puisqu'il ne siège pas dans un caucus. Il n'est pas appelé à voter en Chambre, sauf en cas d'égalité des voix. Lorsqu'une telle situation se présente, il se range traditionnellement du côté du gouvernement. À trois sièges de la majorité, le Parti libéral du Canada pourrait donc envisager de soutenir une candidature issue de l'opposition afin de renforcer son poids politique. Tous les députés qui ne sont pas chefs de parti ou ministres sont automatiquement considérés comme candidats à la présidence, à moins qu'ils ne veulent se désister et en informent le greffier de la Chambre. La réélection d'un président à la rentrée parlementaire n'est jamais garantie : Greg Fergus, président jusqu'à la dissolution du Parlement, en mars, doit donc briguer un nouveau mandat. Le libéral Greg Fergus a été président de la Chambre des communes jusqu'à la dissolution du Parlement, en mars. Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick Dimanche soir, une liste des huit candidats a été dévoilée. En plus de M. Fergus, cinq autres députés libéraux sont dans la course pour le poste de président de la Chambre. Il s'agit de Sean Casey, député de l'Île-du-Prince-Édouard, de Rob Oliphant, député de l'Ontario, ainsi que de Sherry Romanado, Alexandra Mendès et Francis Scarpaleggia, députés du Québec. Chez les conservateurs, Chris d'Entremont et John Nater font également partie des candidats. M. d'Entremont est vice-président de la Chambre depuis 2021. La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, qui a déjà brigué ce poste en 2019 et en 2023, avait initialement manifesté son intérêt pour un troisième mandat. Cependant, dimanche, Mme May a annoncé qu'elle retirait son nom du bulletin de vote. La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a préféré retirer son nom du bulletin de vote. Étant la seule représentante des verts à la Chambre des communes, elle ne voulait pas perdre sa voix. Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito Certains présidents de la Chambre ont défrayé les manchettes à quelques reprises au cours de la dernière session parlementaire. L'ancien président Anthony Rota avait démissionné en septembre 2023 après avoir invité un vétéran ukrainien qui avait combattu dans une unité nazie pendant la Seconde Guerre mondiale à s'asseoir à la Chambre des communes lors du discours du président Volodymyr Zelensky devant le Parlement. Anthony Rota a démissionné dans la foulée de l’hommage rendu à un vétéran ukrainien qui avait combattu aux côtés des nazis lors de la visite du président Volodymyr Zelensky à Ottawa, en 2023. Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick La démission de M. Rota a donné lieu à une rare élection du président de la Chambre à la mi-session, que le député libéral Greg Fergus avait remportée. M. Fergus est demeuré en fonction jusqu'à la dissolution du Parlement, en mars, mais les partis d'opposition lui ont demandé de démissionner en raison d'actions qu'ils jugeaient trop partisanes pour son rôle. Le président est élu grâce à un vote secret lors duquel les députés classent les candidats par ordre de préférence. Si personne ne l'emporte au premier tour, le candidat arrivé en dernière position est éliminé et les voix sont redistribuées jusqu'à ce que quelqu'un obtienne la majorité. L'élection est supervisée par le Le député du Bloc québécois Louis Plamondon, qui a été élu pour la première fois en 1984, en sera à sa septième élection à la présidence. Le processus débutera lundi à 8 h. Au lendemain de l'élection, mardi, le président de la Chambre et les députés se présenteront devant le roi Charles III pour la lecture du discours du Trône. Ce ne sera que la troisième fois qu'un monarque remplira cette tâche, habituellement réservée au gouverneur général, depuis le début de la Confédération, en 1867. Le discours du Trône ouvre chaque nouvelle session du Parlement. Tant qu'il n’a pas été prononcé, ni le Sénat ni la Chambre des communes ne peuvent siéger. Avec les informations de Darren Major (CBC News)Huit députés dans la course

Je ne peux pas décevoir les Canadiens qui savent que nous avons besoin d'au moins une voix verte à la Chambre pour faire face aux menaces critiques qui pèsent sur l'avenir de nos enfants
, a écrit Mme May dans une lettre adressée à ses collègues députés. Je ne peux pas me taire, même si j'aimerais connaître l'expérience d'utiliser nos règles existantes au service de la démocratie.

Un rôle de plus en plus politisé

Comment choisit-on le président de la Chambre?
doyen de la Chambre
, soit le député qui a siégé le plus longtemps sans interruption et qui n'est ni ministre ni chef de parti.Le roi Charles III ouvrira la session parlementaire
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